"Bloodline", l’enfer d’une famille au paradis

"Bloodline", c’est l’enfer au paradis. La sueur de la colère ruisselle sur les peaux bronzées, tandis que bruissent les feuilles de palmier. Au loin, rien ne trouble la surface de l’océan turquoise. Sur la plage blanche d’Islamorada, la famille Rayburn aurait pu couler des jours heureux en dirigeant son petit hôtel, et siroter des mojitos dans un hamac à la nuit tombée.

Tout aurait pu être simple, grâce aux efforts des parents pour bâtir le domaine. On va d’ailleurs bientôt baptiser une jetée au nom des Rayburn, c’est dire s’ils symbolisent la réussite sociale américaine.

Père violent
Le patriarche (Sam Shepard, sec et intense, "L'Étoffe des héros", "Fool for love") œil bleu acier, chemise en lin impeccable, a beau gratter un banjo pour se détendre, son visage fermé contient toute la rage accumulée au fil du temps. Son fils, Danny (Ben Mendelsohn, démoniaque) lui ressemble. En pire. C’est un monstre de violence. "Bloodline" (ligne de sang ) veut dire hérédité, ascendance. Mais contrairement à son père, parti de rien, Danny a vivoté, il a surtout commis toutes sortes de délits et on n’a plus entendu parler de lui pendant des années. Bon débarras ! Jusqu’au jour où il revient, sourire aux lèvres, en pleine fête de famille.

Le fils raté
Que veut-il ? Tout le monde se pose la question, les deux frères et la sœur paniquent à l’idée que Danny va démolir le château de cartes. Seule la mère (Sissi Spacek, révélée dans "Carrie" en 1976) ouvre les bras sans juger. Cette brebis galeuse, ce fouille-merde a pourtant un plan. Il faudra plusieurs épisodes pour que le doute persiste sur ses intentions. Ce serait dommage de les révéler.

Le bon fils
De son côté, le fils aîné John (Kyle Chandler), une vie de famille équilibrée et un bon job de shérif, tente de résoudre un dossier criminel, ouvrant l’intrigue sur plusieurs niveaux, créant des liens entre les gens, les lieux, les enjeux. Sur le motif de l’amour-haine et du mythe de Caïn et Abel, la relation entre frères se déploie, sous nos yeux épouvantés.

Tension étirée
Avec tout le temps et les moyens dont ils ont besoin, les scénaristes recrutés par Netflix (Glenn Kessler, Todd A. Kessler et Daniel Zelman) retracent les drames du clan, en usant des flash-backs et des flashforwards (comme ils l’ont fait dans "Damages"), font surgir les démons noyés dans les marais des Everglades, les rancœurs, la jalousie, les rivalités. Une phrase, en voix off, se répète du début à la fin de "Bloodline" : "Nous ne sommes pas de mauvais gens, mais nous avons fait quelque chose de mal". Et l’on en vient à se poser la question : qu’aurais-je fait, si j’avais été poussée à bout ? Certains n’apprécieront pas le rythme lent de "Bloodline" ; pour ma part, j’ai trouvé que cette fiction est un bon cru.

Et la saison 2?
Elle débarque le 27 mai 2016 sur Netflix. Nous l'avons vue, et c'est toujours très bon (la bande-annonce est ici).

V. Nimal

La saison 1 de "Bloodline" est diffusée sur Netflix. Démarrez Netflix sur Proximus TV via votre menu  à la demande > séries ou via la chaîne 204.

Lire aussi : 11 raisons de voir Bloodline (dossier photos)

Valérie

Une image ? Plume voltigeuse. Le soir, je cuisine ou j’écris. Des histoires d’assiettes, de rencontres, nouvelles ou romans, selon l’inspiration. Le jour, je rédige chroniques et dossiers thématiques sur Skynet.be, sujets gastronomiques dans des magazines féminins. Un plat ? Le risotto aux artichauts. Un plaisir ? Décortiquer les sensations, les couleurs et les saveurs. Un programme ? Capturer l’air du temps, porter un regard critique sur la société du spectacle dominée par l’image. Donner le goût du voyage et de l’inconnu à mes enfants. Rencontrer de belles personnes et peaufiner l’art de l’interview.Blog perso : http://www.madamemonsieur.be

Cet article me rend ...
  • 3
  • 25
  • 0
  • 0
  • 0

A lire également

Attention : regarder la télévision peut freiner le développement des enfants de moins de 3 ans, même lorsqu’il s’agit de programmes qui s’adressent spécifiquement à eux. Plusieurs troubles du développement ont été scientifiquement observés tels que passivité, retards de langage, agitation, troubles du sommeil, troubles de la concentration et dépendance aux écrans