“Bloodline” saison 3, dans les abysses de la culpabilité

« Bloodline », c’est fini. La saison 3 lancée le 26 mai 2017 sera la dernière. Qu’en penser ? Voici mon point de vue sur cette série originale Netflix dont on attendait tant.

« On est des gens bien ou presque. » Cette sentence de « Bloodline » donne le frisson, quand on sait ce qui se trame chez les Rayburn depuis les deux premières saisons.

Enfants maudits
Tout aurait pu bien tourner, si le fils mal aimé, Danny (Ben Mendelsohn) n’était revenu au bercail. La famille Rayburn, propriétaire d’un hôtel cottage sur une plage paradisiaque, jouissait d’une certaine réputation. Mais durant trois saisons, le destin s’acharne sur elle : peu à peu la renommée des Rayburn s’effrite, le mensonge fissure les relations, fige les visages. Dans les îles Keys, en Floride, tout semble fait pour vivre heureux, mais derrière la baie turquoise au sable blanc, dans les marécages, les prédateurs guettent. La mer finira-t-elle par tout emporter ?

Descente aux enfers
Au début de la saison 3, Kevin Rayburn (Norbert Leo Butz ) alcoolique abstinent, commet un acte immonde. "Quand est-ce que ça va s’arrêter", se demande John (Kyle Chandler) habitué aux frasques fraternelles. Si les scénaristes avaient l’intention de développer ce drame familial sur cinq ou six saisons, ils ont préféré y mettre fin en trois saisons et on les comprend. Accidents, meurtres, procès, trop de choses se sont déjà déroulées. Après la mort du flic Marco (ex de Meg Rayburn et coéquipier de John), les protagonistes n’éprouvent qu’angoisse et culpabilité, jusqu’aux confins de la paranoïa et de la folie. Une fois encore, frères et sœurs s’allient dans la duplicité et élaborent un plan machiavélique pour condamner un pauvre bougre à leur place.


On assiste alors à la lente dérive de chacun, embourbé dans les souvenirs, en proie aux apparitions fantomatiques. Quant à la mère, Sally (Sissy Spacek, impressionnante), elle devra enfin affronter la vérité et témoigner lors d’un procès retentissant. Le personnage de Roy Gilbert (Beau Bridges), figure ambiguë du mafieux généreux, renforce le doute sur la véracité des liens familiaux. Car le mensonge s’est insinué partout et personne ne semble prêt à stopper la malédiction.

Une saison 3 confuse
Si « Bloodline » avait bien démarré, imposant son univers trouble et ses personnages impitoyables, la saison 2 décevait par les inégalités du scénario. De même, certains épisodes de la saison 3 s’épuisent, tirés en longueur, parfois confus, même si les flash-back et autres flashforward permettent de creuser au plus profond les sentiments contradictoires de John, Sally, Kevin, Meg et Nolan. Il n’empêche que les acteurs réussissent à faire de « Bloodline » une série anxiogène sur l'enfer familial, dont on se souviendra comme un beau gâchis bourbeux.

V. N.

"Bloodlines", une série originale Netflix de Todd A. Kessler, Daniel Zelman, Glenn Kessler. Produit par Sony Pictures Television en association  avec KZK Productions pour Netflix. Trois saisons disponibles sur Netflix dès le 26 mai 2017. Démarrez Netflix sur Proximus TV via votre menu  à la demande > séries ou via la chaîne 204.

Lisez aussi la critique de la saison 1 : "Bloodline", l’enfer d’une famille au paradis"
Et "11 raisons de voir Bloodline"

Valérie

Une image ? Plume voltigeuse. Le soir, je cuisine ou j’écris. Des histoires d’assiettes, de rencontres, nouvelles ou romans, selon l’inspiration. Le jour, je rédige chroniques et dossiers thématiques sur Skynet.be, sujets gastronomiques dans des magazines féminins. Un plat ? Le risotto aux artichauts. Un plaisir ? Décortiquer les sensations, les couleurs et les saveurs. Un programme ? Capturer l’air du temps, porter un regard critique sur la société du spectacle dominée par l’image. Donner le goût du voyage et de l’inconnu à mes enfants. Rencontrer de belles personnes et peaufiner l’art de l’interview.Blog perso : http://www.madamemonsieur.be

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