Le duo de cinéastes Cattet et Forzani signe son troisième long-métrage “Laissez bronzer les cadavres”. Gonflé et surréaliste !

Le soleil corse, un hameau abandonné, une peintre nudiste et son amant chef de gang et 250 kilos d’or volés par Rhino. Dès les premières images de "Laissez bronzer les cadavres", l’atmosphère brûle les pupilles. C’est sûr, on ne va pas s’ennuyer. “Laissez bronzer les cadavres” est signé Hélène Cattet & Bruno Forzani ("Amer"). Le duo français basé en Belgique adapte le roman éponyme de Jean-Patrick Manchette et Jean-Pierre Bastid et réussit un tour de force : tenir le spectateur en haleine, le faire rire et l’éblouir avec, selon leurs dires, « une grosse image et un gros son" mais aussi des tonnes d’hémoglobine et des effets dignes des meilleurs films psychédéliques.

Planqués dans les falaises
Une bande de voleurs planqués dans un hameau en ruine se retrouve nez à nez avec des invités surprises et deux flics, prêts à tout pour contrecarrer leur plan. Dans ces ruines grandioses, autrefois théâtre d'orgies et de happenings sauvages, une guerre sans merci débute.

Tandis que les gars se tirent dessus, Luce (Elina Löwensohn, découverte par Hal Hartley dans "Simple men" en 1992), la maîtresse des lieux, revoit en flashes le temps où elle faisait gicler la couleur à la carabine. Cette réincarnation de Nikki de Saint-Phalle érotise le film sur un rythme effréné, entre scènes de sexe et de bagarres, flash-back ahurissants, mélange d’art pop et de western spaghetti, le tout emballé par une bande son d’Ennio Morricone. Un hommage déjanté aux années septante et aux films de Sergio Leone, totalement maitrisé.

V. Nimal

“Laissez bronzer les cadavres”, avec Elina Löwensohn, Stéphane Ferrara, Hervé Sogne, Bernie Bonvoisin, Pierre Nisse, Marc Barbé et Michelangelo Marchese. Sortie en salle le 10 janvier.

A Bruxelles, en janvier le cinéma Nova offre aux réalisateurs une rétrospective Cattet et Forzani et une carte blanche, avec des rencontres liés à la sortie de “Laissez bronzer les cadavres”.