Uma Thurman raconte son calvaire face à Harvey Weintein


Uma Thurman a enfin confié ce qui la mettait « en colère », comme elle l’avait annoncé lors des premières révélations sur Harvey Weinstein. Elle a raconté au New York Times comment le producteur a essayé de la violer et le peu de soutien qu’elle a eu de la profession, à commencer par Quentin Tarantino.


Il aura fallu plus de quatre mois à Uma Thurman pour expliquer pourquoi elle était « en colère » contre Harvey Weinstein. « J’ai utilisé le mot ‘’colère’’, mais j’avais surtout peur de pleurer, pour vous dire la vérité », confie Uma Thurman au New York Times.

L’actrice révélée par Pulp Fiction, film réalisé par Quentin Tarantino et produit par Harvey Weinstein, affirme avoir elle aussi été agressée sexuellement par l’ancien ponte de Miramax et de la Weinstein Company. Uma Thurman situe la première tentative d’agression à Paris, dans la suite d’Harvey Weinstein. Alors qu’ils avaient une discussion mouvementée à propos d’un script, il lui a demandé de le suivre tout en discutant, ce qu’elle a fait et elle s’est retrouvée dans une salle de hammam. Lui était en robe de chambre. « Je me tenais là dans mon ensemble en cuir – bottes, pantalon, veste. Je lui ai dit ‘’C’est ridicule, qu’est-ce que tu fais ?’’. Il s’est énervé, est devenu furieux et il est sorti en courant », explique-t-elle. Peu de temps après, c’est à Londres, toujours dans la suite du producteur, au Savoy Hotel, qu'elle le revoit. Elle explique qu’il a tenté de la violer. « C’était comme un coup derrière la tête. Il m’a poussée par terre. Il a essayé de se déshabiller et de me pénétrer. Il a fait tout un tas de choses vraiment déplaisantes », détaille-t-elle, entre autres.

Le lendemain, Uma Thurman raconte avoir reçu des rose « jaunes » avec une note : « Tu as de l’instinct ».

Du côté de Harvey Weinstein, contacté par le New York Times, il admet avoir « mal interprété les signaux envoyés par Mlle Thurman à Paris » et s’est excusé une nouvelle fois par l’intermédiaire de son porte-parole alors qu’il est dans un centre de soins en Arizona. Depuis la publication de l'article du New York Times, le porte-parole a ajouté : « Les accusations d’agression sexuelle sont fausses. (…) M. Weinstein est triste et ne comprend pas pourquoi Mlle Thurman, quelqu’un qu’il considère comme une collègue et une amie, a attendu 25 ans pour faire publiquement ces allégations, d’autant que lui et Mlle Thurman ont partagé une relation professionnelle qui leur a été mutuellement bénéfique et qu’ils ont fait de nombreux films à succès ensemble ». Le représentant d’Harvey Weinstein a également fourni des photos montrant Uma Thurman et Harvey Weinstein ensemble.

Uma Thurman raconte également dans cet entretien avec le New York Times comment Quentin Tarantino l’a obligée à effectuer elle-même une cascade en voiture dans Kill Bill, film également produit par Harvey Weinstein. Il s’agit de la course qu’on peut la voir effectuer au volant d’une décapotable bleue. Une scène iconique que Quentin Tarantino a par ailleurs recréée dans Death Proof, produit par Harvey Weinstein, avec au volant la doublure officielle d’Uma Thurman, Zoë Bell, un film dans lequel jouait également Rose McGowan. Miramax et Quentin Tarantino ont toujours refusé de donner la vidéo de l’accident de voiture à Uma Thurman qui la réclamait – Miramax voulait qu’elle signe un accord selon lequel elle ne porterait pas plainte contre eux si elle voulait l'avoir, ce qu'elle a refusé. « On a été en guerre (avec Quentin Tarantino) pendant des années. On a dû faire la promotion des films. C’était vraiment tendu. On a eu une terrible dispute en 2004 à la Soho House de New York parce qu’il ne voulait pas me montrer la scène de l’accident, et il m’a dit que c’est ce qu’ils avaient tous convenus entre eux », explique-t-elle. Ce n’est que 15 ans plus tard que Quentin Tarantino, après quelques pressions, a accepté de lui donner le rush diffusé aujourd'hui par le New York Times.

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