Le FIFDH promet une édition «historique» met en avant les femmes et l'artiste Ai Weiwei © BELGA

Le Festival du film international sur les droits humains (FIFDH) à Genève en Suisse annonce une 16e édition «historique» pour les 70 ans de la Déclaration universelle des droits de l'Homme. Au centre de l'attention du 9 au 18 mars se trouveront notamment les femmes ou l'artiste chinois Ai Weiwei.

Avec sa programmation et ses débats, le festival «peut rivaliser avec les plus grandes scènes internationales» tout en conservant son côté militant, a estimé mardi devant la presse sa directrice Isabelle Gattiker. Cette année, il veut fêter l'anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'Homme en s'associant notamment à la campagne lancée l'année dernière par le Haut-Commissariat de l'ONU sur cette question.

Le FIFDH célébrera aussi les 20 ans d'une autre Déclaration, celle sur les défenseurs des droits humains. Ceux-si seront honorés par une soirée en présence notamment d'une militante bahreïnie.

Pour l'occasion, le festival se déplace tout au long de l'année dans 45 pays, en partenariat avec le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE).

Au côté du Haut commissaire Zeid Raad al-Hussein, le président de la Confédération Alain Berset ouvrira les dix jours de projection dans une soixantaine de sites, en hausse de 30%, à Genève, en France voisine et dans plusieurs cantons romands. Outre les salles de cinéma, théâtres, musées, prisons, hôpitaux ou centres de migrants accueilleront des films.

Côté programmation, le FIFDH mise sur les «tendances lourdes» comme les nouveaux «arrangements» de la société, le changement climatique ou les technologies, affirme le responsable éditorial des discussions du festival, Philippe Mottaz. Il revendique la volonté de ne pas faire participer aux débats les «lâches» qui ne seraient pas du côté des défenseurs ou des victimes.

Les femmes occuperont une place importante dans le sillage de l'affaire Weinstein. Ce scandale et les violences à l'encontre des femmes feront l'objet d'une soirée spéciale. Des détenues de Champ-Dollon remettront un prix.

Le FIFDH est dédié cette année à l'avocate égyptienne Azza Soliman qui risque la prison à perpétuité pour sa lutte contre les violences faites aux femmes.

Venezuela, pesticides, rohingyas ou encore migrants constitueront d'autres questions abordées. Le festival veut compléter les discussions au Conseil des droits de l'Homme, selon sa directrice.

Côté participants, Ai Weiwei sera présent pour la première romande de son nouveau documentaire «Human Flow», aux côtés du Haut commissaire de l'ONU pour les réfugiés Filippo Grandi.

Parmi les acteurs qui feront le déplacement, la Britannique Vanessa Redgrave présentera son premier film comme réalisatrice. Le Mexicain Gaël Garcia Bernal lancera un appel contre l'impunité dans son pays avant de le relayer le lendemain au Conseil des droits de l'homme.

Au total, 18 films seront en compétition officielle de fiction ou du documentaire. Les jurys seront présidés par l'actrice française Aïssa Maïga (fiction) et par l'activiste Abigail Disney (documentaire).