"Maintenant on agit": une centaine de personnalités françaises, dont Sandrine Bonnaire, Vanessa Paradis ou Leïla Slimani, ont lancé mardi un appel aux dons pour les femmes victimes de violences, inspiré du Time's Up des actrices américaines après le scandale Weinstein.

"Nous sommes inquiètes: mal accompagnées, les femmes sont vulnérables face à la justice. Il est temps d'agir. Ensemble, soutenons celles et ceux qui œuvrent concrètement pour qu'aucune n'ait plus jamais à dire #MeToo. Donnons", indique un appel aux dons lancé par la Fondation des femmes et publié dans le quotidien français Libération, signé par des actrices et chanteuses comme Vanessa Paradis, Anna Mouglalis, Adèle Haenel, Camélia Jordana ou Julie Gayet, compagne de l'ancien président socialiste François Hollande.

Baptisé #MaintenantOnAgit, ce mouvement auquel participent également l'écrivaine franco-marocaine Leïla Slimani ou la réalisatrice franco-américaine Tonie Marshall a vocation à recueillir des fonds qui seront reversés à des associations proposant un accompagnement juridique aux femmes victimes de violences sexistes ou sexuelles.

Ce mouvement est symbolisé par un ruban blanc, que les signataires veulent transformer en emblème de la cérémonie des César, les récompenses du cinéma français, qui sera présidée vendredi par Vanessa Paradis. Pour Anne-Cécile Mailfert, la présidente de la Fondation des femmes qui s'est inspirée du fonds Time's Up lancé en réponse au scandale Weinstein par près de 300 personnalités du cinéma américain, l'objectif est de "lever un million d'euros". "'Maintenant on agit', ça veut dire 'Maintenant on donne'. Certaines associations sont débordées. Il y a urgence à comprendre que la lutte contre les violences faites aux femmes requiert des moyens", explique-t-elle à l'AFP.

Quatre associations ont été sélectionnées: le Collectif féministe contre le viol, l'association européenne contre les violences faites aux femmes au travail (AVFT), l'Espace femmes Geneviève D., et Prendre le droit.

Pour Anna Mouglalis, l'une des signataires, "il ne s'agit pas d'un effet de mode". "La libération de la parole doit maintenant s'incarner dans des actes. Sinon, les femmes parleront dans le vent", déclare à l'AFP la comédienne, racontant avoir elle-même subi plusieurs agressions sexistes.