Aux portes du dépôt de bilan dimanche dernier, le studio Weinstein semble avoir finalement trouvé une alternative à la faillite, grâce à un accord de reprise avec l'ex-responsable des PME de l'administration Obama, décidée à transformer la société co-fondée par le producteur déchu Harvey Weinstein en modèle de promotion des femmes à Hollywood.

"Notre équipe est heureuse d'annoncer que nous avons franchi un pas important et trouvé un accord pour acheter des actifs de The Weinstein Company (TWC) afin de lancer une nouvelle société, avec un nouveau conseil d'administration et une nouvelle vision incarnant les principes que nous défendons depuis le début du processus à l'automne", a déclaré jeudi soir la responsable, Maria Contreras-Sweet, à la tête d'un groupe d'investisseurs qui négocie depuis l'automne une reprise de la TWC. "Ces principes n'ont jamais varié et consistent à bâtir un studio de cinéma mené par un conseil composé d'une majorité de femmes indépendantes", à "sauver 150 emplois" et "créer un fonds de compensation des victimes", a-t-elle ajouté.

Mme Contreras-Sweet n'a donné aucun détail sur l'accord trouvé, ni confirmé le montant de l'opération. Jusque-là, le projet était évalué à 500 millions de dollars, dont 225 millions de dollars de reprise de dettes. Le conseil d'administration de la TWC a confirmé lui aussi avoir "passé un accord" pour céder ses actifs aux investisseurs emmenés par Maria Contreras-Sweet et le milliardaire Ron Burkle. "Nous voyons cela comme une issue positive obtenue dans des circonstances incroyablement difficiles", a-t-il souligné dans un communiqué.

L'annonce de cet accord intervient alors que la Weinstein Company (TWC) avait annoncé dimanche être prête à déposer le bilan, précisément faute d'accord avec le groupe d'investisseurs emmené par Mme Contreras-Sweet et Ron Burkle.
La TWC avait alors fait de multiples reproches à Mme Contreras-Sweet, laissant entendre que les discussions entre les deux parties étaient difficiles. Mme Contreras-Sweet s'était dite "surprise" de ces critiques, assurant vouloir "créer une société dirigée par des femmes", capable de "servir d'exemple" à Hollywood, où le #MeToo a fait chuter de nombreux hommes de pouvoir.