Bill Cosby face à ses accusatrices pour un 2è procès © BELGA

Après un premier procès non concluant, l'acteur et légende de la télévision américaine Bill Cosby affronte lundi, à 80 ans, un nouveau procès pour agression sexuelle. C'est le plus important depuis la naissance du mouvement #Metoo et il s'annonce difficile pour lui.

En juin 2017, le premier procès de celui que beaucoup surnommaient affectueusement le "père de l'Amérique", à l'apogée du sitcom "The Cosby Show" (1984-1992) qui l'a rendu célèbre, s'était soldé par une annulation.

Les douze jurés réunis dans la petite ville de Norristown, à 30 kilomètres de Philadelphie, étaient restés divisés sur la culpabilité ou non de cet octogénaire, symbole de promotion sociale noire et de droiture morale jusqu'à son inculpation en décembre 2015, accusé d'avoir agressé sexuellement une ancienne basketteuse, Andrea Constand, à son domicile en janvier 2004, après lui avoir fait avaler un puissant sédatif.

Si plus de 60 femmes ont accusé Bill Cosby de les avoir abusées sexuellement au fil des années, le dossier d'Andrea Constand - qui aura 45 ans mercredi- est le seul dont les faits ne soient pas prescrits.

L'équipe d'avocats du comédien, désormais emmenée par Tom Mesereau, un expert de ce genre d'affaires, a déjà montré qu'elle irait au-delà des moyens déployés par l'équipe précédente. Le juriste, originaire de Los Angeles, a notamment tenté toutes les voies pour empêcher le procès, jusqu'à demander la révocation du juge au motif que sa femme serait proche d'organisations de victimes d'agressions sexuelles.

L'an dernier, la présentation de la défense s'était terminée en quelques minutes et le procès, délibérations comprises, avait duré onze jours. Le second pourrait durer un mois.

M. Mesereau est devenu célèbre en 2005 en obtenant l'acquittement du chanteur Michael Jackson, accusé d'attouchements sur des enfants, faisant notamment valoir que les allégations venaient de gens mis en appétit par l'argent de l'interprète de "Thriller".

Une ligne de défense qu'il devrait à nouveau employer pour Bill Cosby: l'avocat pourra ainsi révéler au procès la somme qu'aurait touché Andrea Constand aux termes d'un accord à l'amiable scellé en 2006, resté confidentiel jusqu'ici.

S'il est jugé coupable, Bill Cosby - qui a toujours assuré qu'Andrea Constand était consentante - risque jusqu'à trente ans de prison. Et ses espoirs de revenir un jour à la scène s'évanouiraient à jamais.