Près de 2.000 fans du réalisateur mexicain Guillermo del Toro ont assisté, mercredi soir de 20H30 à 23H30 au Bozar à Bruxelles, à sa "masterclass" dans le cadre du BIFFF (Brussels International Fantastic Film Festival).

La salle Ciné 1 affichait complet. Une standing ovation a marqué son entrée en scène. Le réalisateur s'est prêté à la tradition du festival et a entonné une chanson avant le début de la séance. Des musiciens mexicains l'ont accompagné dans son tour de chant. Il a été fait chevalier de l'Ordre du Corbeau par une assemblée de monstres et s'est vu remettre le Corbeau d'argent, remporté pour son film "Cronos" il y a une quinzaine d'années.
Ses confidences sur les difficultés rencontrées dans son parcours de cinéaste, sur ses intentions scénaristiques et sur ses visions de la vie ont comblé le public, simples fans comme professionnels. "C'était fantastique de voir un tel monstre du cinéma de si près", s'est exclamé à la sortie un admirateur. "Je l'ai découvert avec 'Le labyrinthe de Pan'. J'ai énormément aimé, et j'ai depuis vu tout ses films".
"En visuel, c'est l'un des meilleurs artistes", estime Olivier Beguin, réalisateur suisse de films de genre. "C'est un amoureux du genre et des monstres". Il se dit curieux des portes que lui ouvriront les deux Oscars décernés pour son dernier film "The Shape of Water". Dimitri, un fan de 29 ans, a été particulièrement séduit par son entêtement à protéger l'intégrité de ses films malgré les obstacles rencontrés dans leur production, notamment à ses débuts: "On a vu qu'il en a énormément bavé et ça l'humanise. Ca le rend moins inaccessible qu'un James Cameron".
L'intimité de cette rencontre a été largement appréciée par le public. "Avec ce qu'il nous a raconté, il nous a ouvert la porte qui permet d'appréhender qui il est vraiment", remarque le réalisateur belge Joël Vanhoebrouck. "Cette masterclass a confirmé la sensation que j'avais en voyant ses films. C'est quelqu'un qui a un univers graphique assez intense et intéressant, mais d'un autre côté il y a une émotion, quelque chose de doux et de réel qui transparaît dans tous ses films. Je pense que c'est quelqu'un de touchant dans une carapace dure. Il peut faire des films d'action assez grandioses, mais émotionnellement il y a toujours quelque chose qui se passe. C'est un bosseur, quelqu'un qui travaille dur jusqu'à obtenir ce qu'il veut. En cela c'est un exemple, mais ce n'est pas évident".
Une séance de dédicaces a suivi la masterclass.