Des pilules, de l'alcool, offerts avec insistance, et puis le brouillard, et l'agression sexuelle, un mode opératoire rôdé pour l'acteur Bill Cosby, qu'ont décrit mercredi deux de ses victimes présumées au troisième jour de son procès.

Mardi, il y avait déjà eu Heidi Thomas, assurant avoir été abusée, en 1984, par le héros déchu du "Cosby Show", rendue comateuse après avoir absorbé une gorgée de vin probablement mélangé, selon elle, à un sédatif. "Je veux voir un violeur en série être condamné", avait lancé Heidi Thomas.

Mercredi, lui a succédé Chelan Lasha, la deuxième des cinq femmes qui doivent témoigner de leur agression sexuelle présumée, en plus d'Andrea Constand, la seule pour lesquels les faits ne soient pas prescrits. En larmes, contrainte de s'arrêter à plusieurs reprises, Chelan Lasha a décrit comment, en 1986, Bill Cosby l'avait attirée dans une chambre d'hôtel de Las Vegas sous le prétexte de la présenter au représentant d'une agence de mannequins.

Selon elle, l'acteur aux quatre Emmy Awards lui aurait donné un sédatif --en l'occurrence une pilule bleue-- présenté comme un moyen de lutter contre son rhume et accompagné d'un verre de liqueur. Elle a expliqué être tombée dans un état semi-conscient, à l'instar d'Heidi Thomas ou d'Andrea Constand. Elle se souvient néanmoins avoir senti Bill Cosby se frotter contre sa jambe, puis éjaculer, sans qu'elle ne puisse rien faire. "Je ne pouvais plus bouger", a-t-elle dit dans un sanglot.

Dans le cadre du procès qui se déroule à Norristown (Pennsylvanie), Bill Cosby est uniquement poursuivi pour l'agression sexuelle présumée d'Andrea Constand, ancienne cadre technique de l'université de Temple, en janvier 2004. Elle assure que le comédien lui a demandé, ce soir-là, de prendre trois pilules pour se "détendre" ainsi qu'un peu de vin, mélange qui lui a fait perdre ses moyens physiques et psychiques durant plusieurs heures, jusqu'à la perte de conscience.

Au total, plus de 60 femmes ont accusé Bill Cosby de les avoir agressées sexuellement sur plusieurs décennies.