"My Wonder Women": un film sur l'histoire méconnue de la création d'une super héroïne © BELGA

En salles mercredi en France, "My Wonder Women" raconte pour la première fois à l'écran la naissance de l'une des premières super héroïnes de BD, personnage féministe devenu culte dans le monde et qui a bousculé la suprématie masculine, au point de susciter l'ire des ligues de vertu américaines dans les années 50.

Dotée de pouvoirs surnaturels, équipée de son lasso magique et de bracelets à l'épreuve des balles, Wonder Woman, l'Amazone justicière, a connu un succès mondial en BD mais aussi à la télévision dans les années 70, sous les traits de l'actrice américaine Lynda Carter.

"Wonder Woman a été conçue dans le but de promouvoir au sein de la jeunesse un modèle de féminité forte et libre, pour lutter contre l'idée que les femmes sont inférieures aux hommes, pour inspirer aux jeunes filles confiance en elles et la réussite dans les sports, les activités et les métiers monopolisés par les hommes", soulignait le magazine américain de BD, All-Star Comics, en publiant en décembre 1941 la première aventure de la super-héroïne.

Avec ce biopic, sorti en octobre aux Etats-Unis, la réalisatrice américaine Angela Robinson invite le spectateur dans les coulisses de la création de Wonder Woman, fruit de l'imagination et du militantisme féministe d'un couple de psychologues, le professeur d'université William Moulton Marston et son épouse Elizabeth Holloway. Couple adepte du "polyamour", les Moulton Marston s'éprennent en 1940 d'une de leur étudiante, Olive Byrne, elle-même nièce de Margaret Higgins Sanger, militante féministe favorable à la contraception et fondatrice du planning familial américain.

Avec beaucoup de sensibilité, le film raconte cette passion à trois qui donnera naissance à quatre enfants et plus de 40 ans de vie commune jusqu'à la mort d'Olive Byrne en 1985, quelques années après celle d'Elizabeth. Le professeur William Moulton Marston, qui est aussi l'inventeur du détecteur de mensonge, a été emporté dès 1947 par un cancer.

Ayant perdu son poste de professeur après la révélation accidentelle de sa vie à trois, William Moulton Marston, incarné à l'écran par Luke Evans, invente le personnage de Wonder Woman inspiré par Olive Byrne et décide de le faire publier, dans un acte féministe assumé.

Les premières années, les aventures de Wonder Woman qui met les hommes malveillants au pas, sont truffées de scènes de bondage et de saphisme. Heurtées, les ligues de vertu obtiendront gain de cause: la super héroïne s'assagit pour de bon.

En 2016, l'auteur de comics Greg Rucka, l'un de ceux qui a succédé à William Moulton Marston pour inventer les aventures de Wonder Woman, s'est décidé à annoncer officiellement la bisexualité de la super héroïne culte.