Cannes 2018 - Cannes a entamé sa 2e semaine avec le retour du sulfureux Lars Von Trier © BELGA

Sept ans après avoir provoqué un des plus gros scandales du Festival de Cannes, Lars von Trier a fait son retour lundi sur la Croisette, par la petite porte, avec "The House that Jack Built".

Le film, avec Matt Dillon en serial killer, a été présenté hors compétition en soirée. Profil bas, après ses déclarations de 2011 à Cannes, quand il avait exprimé sa "sympathie" pour Hitler lors de la conférence de presse de son film "Melancholia", le réalisateur danois n'a prononcé que quelques mots avant de monter les marches, espérant notamment que les spectateurs verront que son nouveau film "est sans doute un petit peu différent".
"Disons que ça va", a simplement ajouté Lars von Trier, rappelant qu'il avait "été onze fois ici avant". Aucune conférence de presse n'est prévue, même si le réalisateur devrait donner a priori des interviews mardi.
Malgré des excuses presque immédiates, en 2011, Lars von Trier fut déclaré persona non grata au festival, une sanction sans précédent. Très apprécié de la critique, son film resta cependant en compétition et l'Américaine Kirsten Dunst remporta même le prix de la meilleure interprétation féminine pour son rôle de mariée dépressive.
Palme d'or en 2000 pour "Dancer in the Dark", le réalisateur danois n'avait plus mis les pieds au Festival de Cannes depuis ce scandale. "Pierre Lescure, président du Festival, et son conseil d'administration ont décidé d'accueillir le retour du réalisateur danois Lars von Trier en Sélection officielle", avait annoncé le Festival le mois dernier.
Sans commenter son invitation à Cannes, le réalisateur danois, âgé aujourd'hui de 62 ans, a dit regretter ses déclarations de 2011. "Je n'ai jamais été et ne serai jamais nazi", a-t-il affirmé récemment en recevant le plus prestigieux prix danois récompensant une personnalité de la culture.
"Les conséquences épouvantables de la conférence de presse m'ont coûté des années d'angoisse. Toute cette histoire m'a appris qu'il faut s'exprimer prudemment", avait-il ajouté, cité par le journal Politiken.
Il a récemment également été visé par des accusations de harcèlement sexuel proférées par la chanteuse islandaise Björk, le premier rôle de "Dancer in the Dark". "Ce n'était pas le cas. Mais le fait est que nous n'étions vraiment pas amis", s'est-il défendu.
Connu pour les scènes de sexe et de violence de ses films, Lars von Trier, grand habitué de la Croisette, devrait présenter lundi un film chargé en hémoglobine.