Après #MeToo, la question des Noirs au cinéma s'invite aussi à Cannes © BELGA

Avec l'offensif Spike Lee en compétition, l'engagée Ava DuVernay dans le jury et mercredi une montée des marches d'actrices noires et métisses, la question de la présence des Noirs au cinéma s'invite en force au Festival de Cannes.

Après la montée des marches de 82 femmes samedi au nom de "l'égalité salariale" entre hommes et femmes dans le 7e Art, 16 actrices françaises noires et métisses vont occuper le tapis rouge du Palais des festivals pour dénoncer les rôles interdits et les clichés ou plaisanteries douteuses voire racistes.

Un effet de la libération de la parole féminine suite au scandale Harvey Weinstein, le producteur hollywoodien accusé de harcèlement sexuel et de viols par une centaine de femmes? "J'ai été imprégnée par l'air du temps, la preuve que les choses évoluent est qu'on sort les cadavres du placard", a reconnu auprès de l'AFP l'actrice Aïssa Maïga, leader de ce mouvement, à l'origine du livre collectif "Noire n'est pas mon métier".

"Pas assez africaine pour une africaine", "Trop noire pour (jouer) une métisse": autant de remarques blessantes encaissées par les actrices qui vont fouler le tapis rouge. Blessants aussi, ces rôles refusés ou attribués par réflexe par des directeurs de casting obtus. Une Antillaise? Forcément infirmière. Avocate? Vous n'y pensez pas!

Une certitude: le sujet est défendu au sein même du jury chargé de décerner la Palme d'or, présidé par Cate Blanchett. Parmi les neuf jurés, la réalisatrice américaine Ava DuVernay, infatigable militante de la cause noire et première réalisatrice afro-américaine nommée pour un Golden Globe en 2015 pour "Selma", sur la marche pour les droits civiques conduite par Martin Luther King en 1965. Via son collectif Array Now, elle soutient le "travail des cinéastes de couleur et notamment des femmes réalisatrices", souligne sur son site le festival de Cannes.

"C'est vrai que le chemin est long. (...) Nous serons là pour les soutenir", avait déclaré de son côté la chanteuse burundaise Khadja Nin, également membre du jury, à l'ouverture de cette 71e édition.