Cannes sous le choc du nouveau film de Lars Von Trier © BELGA

Sept ans après avoir provoqué l'un des plus gros scandales du Festival de Cannes, Lars von Trier a fait son retour sur la Croisette avec "The House that Jack Built", un film ultra-violent aux scènes parfois insoutenables.

Profil bas après ses déclarations de 2011 à Cannes, quand il avait exprimé sa "sympathie" pour Hitler lors de la conférence de presse de son film "Melancholia", le réalisateur danois n'a prononcé que quelques mots avant de monter les marches, espérant notamment que les spectateurs verront que son nouveau film "est sans doute un petit peu différent".

Présenté hors compétition en deuxième partie de soirée - avec la mention explicite "scènes violentes" sur les tickets d'entrée - "The House that Jack Built", film de plus de 2H30 avec Matt Dillon en serial killer, a vu sa projection ponctuée de cris d'horreur ou de dégoût devant certaines images particulièrement choquantes, certains spectateurs se cachant les yeux pour ne pas les voir.

Un certain nombre ont même quitté la salle, en particulier après une scène très violente où des enfants se font tuer, et une autre où une femme se fait découper les seins, qui ont suscité le malaise.

Provocateur et dérangeant à souhait, ce nouvel opus de Lars von Trier, composé de cinq parties qui relatent chacune un "incident", à savoir un meurtre, nous fait suivre Jack, un tueur en série surnommé "Monsieur Sophistication", qui veut faire de ses assassinats des oeuvres d'art.

Le spectateur découvre peu à peu ses pensées, à travers sa conversation avec un inconnu. Rendu au départ ridicule par ses troubles obsessionnels compulsifs et son obsession du nettoyage, qui suscitent même le rire, Jack sillonne les routes dans sa camionnette, le tout sur fond de musique entraînante, de "Fame" de David Bowie à "Hit the Road Jack".

Mais au fur et à mesure que le film avance et que sont décrits ses crimes, l'horreur s'installe. Connu pour ses scènes de sexe et de violence parfois extrêmes, Lars von Trier ne recule devant aucun tabou, d'images de corps lacérés ou mutilés jusqu'à l'assassinat d'enfants dans une scène mimant une partie de chasse, ou encore des mises en scène particulièrement insoutenables avec des cadavres.