Pour la première fois à Cannes, l'Arabie saoudite vient vendre son cinéma © BELGA

Quelques jours à peine après sa première séance de cinéma depuis 35 ans, l'Arabie saoudite s'offre un déplacement inédit au Festival de Cannes pour promouvoir son 7e Art renaissant, même si des questions demeurent sur l'ampleur de cette ouverture.

Animation, comédie musicale, fantastique: sur les écrans du Palais des festivals, le royaume wahabite est venu avec neuf courts-métrages, hors compétition. Une nouvelle étape, après la réouverture officielle d'une salle de cinéma à Ryad, le 18 avril, 35 ans après la disparition des écrans sous la pression des conservateurs religieux.

Restera ensuite à faire naître un cinéma saoudien, pour succéder à la réalisatrice Haifaa Al-Mansour, l'auteure du "Wadjda", premier film saoudien à avoir participé à la course aux Oscars du meilleur film étranger. Elle avait été accueillie à Cannes en 2013 après la sortie de son film.

"Ce que Hollywood a fait en 100 ans, nous devons le faire en 10 ou 20 ans", s'enflamme Fouad Alkhateeb, directeur du développement de Nebras, le premier studio de cinéma saoudien, auprès de l'AFP. "En fait, avec l'irruption récente du numérique ou de la réalité virtuelle dans le 7e Art, nous partons presque à égalité, nos compétiteurs n'ont que dix ans d'avance", renchérit le directeur général de GCA.

"En attendant d'avoir notre académie du cinéma, nous avons déjà près de 10.000 jeunes Saoudiens rien qu'aux Etats-Unis, étudiants dans le domaine des arts, et notamment du cinéma, dans le cadre d'un vaste programme de bourses universitaires", souligne le patron de Nebras, lui même formé à l'Université de Californie du Sud.

Parmi ces élèves partis apprendre sur les terres d'Hollywood, Meshal Aljaser, auteur d'un des neuf courts-métrages montrés lundi et mardi à Cannes, sur une employée de ménage confrontée à des employeurs racistes: "C'est le prochain Wes Anderson, croyez-moi", jure Fouad Alkhateeb.