"The Yellow Birds", la double vie d'un film vu par le réalisateur ou les producteurs © BELGA

Les batailles entre producteurs et réalisateur sur l'aspect final d'un film font partie de la légende d'Hollywood. Même les stars comme Ridley Scott ("Blade Runner") ont dû renoncer à avoir le dernier mot et attendre des années pour montrer au public leur version, le "director's cut".

Lorsque "The Yellow Birds", un film allégorique sur la guerre en Irak avec Alden "Han Solo" Ehrenreich et Jennifer Aniston, arrivera sur les écrans américains vendredi, il aura lui aussi eu plusieurs incarnations: celle orchestrée par ses producteurs, puis par le réalisateur Alexandre Moors.

"J'aimais que le film raconte quelque chose qu'on n'a pas beaucoup vu dans les films de guerre, le point de vue des mères", a expliqué à l'AFP Alden Ehrenreich, encore en pleine tourmente médiatique post "Star Wars", lors de l'avant-première du film à Los Angeles.

"The Yellow Birds", l'histoire de la désintégration d'un jeune soldat meurtri par le conflit, "parle de ce qui se passe pour ces jeunes de 17 ans à qui on apprend à tuer et qui se retrouvent blessés pour le reste de leur vie", renchérit le réalisateur français Alexandre Moors.

Lorsque le film a été dévoilé au festival de Sundance il y a un an et demi, les critiques ont été mitigées sur cette version qui faisait la part belle à Jennifer Aniston, sa star la plus "bankable".

Malgré son générique riche en célébrités (Toni Collette, Jason Patric, Jack Huston), "The Yellow Birds" n'a pas immédiatement trouvé de distributeur. Les producteurs ont alors cédé les manettes du montage à Moors.

Ce dernier a tranché 20 minutes et remonté le tout en kaléidoscope de flashbacks qui se répondent pour conter l'histoire de Brandon Bartle, un soldat (Ehrenreich) hanté par la fin glaçante de son équipier (Tye Sheridan) et la promesse faite à la mère de ce dernier. Les réactions ont été meilleures et l'équipe du film espère un nouvel élan avec son arrivée en salles.