Près de 100 personnalités internationales exigent jeudi, dans une lettre ouverte, une "procédure équitable" pour Tariq Ramadan, incarcéré depuis février en France. Elles dénoncent que l'intellectuel musulman suisse, accusé de viols, ne dispose que d'un droit limité aux visites familiales, n'ait pas accès à son dossier judiciaire ou encore sa détention provisoire longue de quatre mois alors qu'il souffre de sclérose en plaques.

Personnalités, chercheurs et politiciens s'interrogent ainsi sur le "traitement" réservé à Tariq Ramadan, dans cette lettre relayée par le Groupe pour le droit à une procédure équitable pour Tariq Ramadan (DPETR). "Pourquoi M. Ramadan a-t-il été privé de liberté sous caution lors de l'enquête préliminaire (alors) qu'il s'est rendu volontairement à l'interrogatoire et a donné toutes les garanties requises? (...) Existe-t-il une forme de justice pour les musulmans en France et une autre pour tous les autres? "

Les signataires de la lettre, qui viennent de Belgique, du Royaume-Uni, de France ou des Etats-Unis notamment, se demandent si le Suisse bénéficie bien d'une "procédure judiciaire juste et équitable, dans laquelle il est présumé innocent jusqu'à preuve du contraire". Ils demandent "l'application et le respect d'une justice égalitaire et impartiale".

Ils s'inquiètent enfin de l'état de santé de Tariq Ramadan. "Les magistrats français semblent ignorer les diagnostics de neuf médecins qui stipulent que M. Ramadan souffre d'une sclérose en plaques, y compris l'avis de l'autorité médicale en chef de la prison qui a confirmé que son état de santé n'était pas compatible avec le maintien en détention."

"Doit-on en arriver là?!", demandent-ils enfin à "nos amis français". Parmi les signataires se trouvent notamment le cinéaste Ken Loach, le philosophe canadien Charles Taylor ou encore le journaliste britannique Peter Oborne.