France: les jumeaux Bogdanoff, stars intergalactiques des années 80 © BELGA

Les jumeaux français Igor et Grichka Bogdanoff, inculpés jeudi d'escroquerie, connurent leur apogée dans les années 1980 en France avec une émission télé d'anticipation très futuriste, avant d'être l'objet de railleries pour leurs visages profondément transformés qu'ils ont eux-mêmes qualifiés "d'extraterrestres".

Beaucoup de mystère entoure la biographie des jumeaux qui ont déjà eu maille à partir avec la justice. Évoluant dans un décor de vaisseau spatial, avec leurs combinaisons futuristes, leur léger accent russe et leur regard au laser, ils lancent, en 1979, sur la chaîne française TF1, "Temps X", première émission télévisée de science-fiction. Jusqu'en 1987, ils y parlent du train du futur, d'intelligence artificielle, d'astronomie ou d'OVNIS.

Ils disparaissent ensuite des écrans pendant une dizaine d'années, le temps d'étudier, de rédiger leurs thèses, d'écrire des ouvrages (sous le nom de Bogdanov depuis le début des années 1990) comme "Dieu et la science", entretien avec le philosophe Jean Guitton (1991). Ils sont alors accusés de plagiat par l'astrophysicien américain Trinh Xuan Thuan. Ils reviennent à la télé au 21e siècle, avec plusieurs émissions, notamment sur les extraterrestres. Ainsi, en 2008, ils présentent sur la chaîne publique France2 "Science X" mais le programme est vite arrêté.

En 1999, Grichka valide sa thèse en mathématiques et, en 2002, Igor en physique. Débute alors la polémique sur la valeur de leurs travaux surtout qu'ils se prévalaient du titre de "docteur" avant même d'avoir passé leurs thèses. En 2010, l'hebdomadaire Marianne publie des extraits d'un rapport du CNRS, institut public de la recherche scientifique, selon lequel ces thèses, et d'autres articles, n'ont "pas de valeur scientifique". En 2012, 170 scientifiques revendiquent leur "droit au blâme" après la condamnation d'un chercheur du CNRS critiquant des écrits des jumeaux. Marianne sera condamné pour diffamation en 2014 mais, peu après, les frères seront en revanche déboutés d'une action engagée auprès du tribunal administratif de Paris contre le CNRS.

D'une manière générale, il ressort que leurs travaux ne sont pas des canulars mais sont juste de faible valeur. Les accusés considèrent, eux, que la communauté scientifique a du mal à supporter qu'ils soient des personnalités médiatiques, des vulgarisateurs à succès.