Les fans de "Star Wars" aussi peuvent avoir leur côté obscur © BELGA

Au-delà des sabres lasers, de l'espace intersidéral et de la lutte éternelle entre le bien et le mal, les derniers opus de la saga "Star Wars" voulaient aussi diversifier les stars de sa saga galactique, presque toutes masculines et blanches dans ses deux premières trilogies.

"Rogue One", "Le Réveil de la Force", "Solo" ou "Les Derniers Jedi" ont généré des fortunes en donnant à des femmes et des personnes de couleur les rôles principaux de Rey, Finn, ou Jyn Erso, entre autres. Mais cet élan d'inclusion orchestré par la multinationale Disney, maison mère de Lucasfilm et qui règne donc sur l'empire "Star Wars", a aussi libéré le côté obscur d'une petite portion de fans qui s'opposent de toute leur force aux changements dans leur série de films préférée.

"Les derniers Jedi" est particulièrement dans la ligne de mire, accusé de promouvoir des valeurs politiques progressistes et de détruire la mythologie de la saga vieille de quatre décennies. Si les stars masculines et blanches Mark Hamill, Adam Driver et Domhnall Gleeson sont épargnés, Kelly Marie Tran, une actrice américaine d'origine vietnamienne, a été l'objet d'attaques au vitriol sur les réseaux sociaux. Celle qui incarne la mécanicienne rebelle Rose Tico a effacé son compte Instagram plus tôt ce mois-ci pour mettre fin à un véritable cyber-harcèlement raciste et sexiste.

Le réalisateur du film, Rian Johnson, a quant à lui reçu des menaces de mort de ceux qui le croient plus nocif que Dark Vador. Daisy Ridley, la star de la nouvelle trilogie, a elle-même fini par effacer son compte Instagram à cause du harcèlement subi après la sortie du "Réveil de la force" et a dû suivre des séances de psychothérapie pour évacuer toute cette cyber-hostilité. Celui qui lui donne la réplique, l'acteur britannique, comme elle, John Boyega, a quant à lui été accusé de commettre un sacrilège dès l'annonce qu'il incarnerait un soldat de l'Empire noir.

Cette virulence ne date pas de la série de volets produite par Disney, depuis son rachat de Lucasfilm en 2012: elle avait démarré dès la précédente trilogie au tournant du millénaire mais la montée en force des réseaux sociaux a décuplé sa caisse de résonance... et son pouvoir de nuisance.