Une édition humaniste pour le Locarno Festival © BELGA

L'homme sera au centre de la 71e édition du Locarno Festival. Le cinéma célébrera les 70 ans de la Déclaration universelle des droits de l'homme. La Piazza Grande fera également la part belle à la légèreté.

Les spectateurs pourront voir 17 longs-métrages et un court-métrage sur la Piazza Grande entre le 1er et le 11 août. Quinze longs-métrages, dont 13 en première mondiale, sont en compétition pour le Pardo d'oro.

"Chaque homme est unique, précieux et irremplaçable", écrit Carlo Chatrian, directeur artistique dans la Love Letters du
festival. Aujourd'hui, les hommes ont peur de regarder leur prochain en face. Ils préfèrent baisser leur regard pour fixer un petit écran. Or, le cinéma devient le lieu dans lequel le visage d'autrui nous regarde.

Les films sélectionnés montrent des personnages qui ont eu le courage d'affronter les difficultés, a expliqué le directeur
artistique. Comme il a fallu du courage pour rédiger la Déclaration des droits de l'homme. Pour la soirée des droits de l'homme, le festival diffusera "BlacKkKlansman" de Spike Lee, un film qui "met en scène la liberté d'expression des blacks", selon M. Chatrian. Le premier policier afro-américain de Colorado Springs s'infiltre dans la branche locale du Ku Klux Klan et parvient même à devenir président de cette organisation raciste sans être démasqué.

Sur la Piazza Grande, le sourire sera à l'honneur. "Les beaux esprits", du français Vianney Lebasque, ouvrira les festivités. La comédie raconte l'histoire de vrais joueurs de basket-ball qui font semblant d'être handicapés mentaux pour pouvoir participer aux paralympiques de Sydney. Juste avant, un court-métrage du réalisateur américain Leo McCarey sera diffusé: "Liberty", une des "plus belles et irrévérencieuses comédies" de Laurel et Hardy. Une rétrospective est consacrée au réalisateur.

Le réalisateur Ethan Hawke, qui recevra un "Excellence Award", signe un portrait du musicien BLAZE, personnage revêche et
séduisant, antisystème et profondément libre, marqué par une fin tragique, rappelle M. Chatrian. Ces deux exemples créent un lien entre le moi et le monde.

Le réalisateur français Bruno Dumont, 60 ans, recevra un Léopard d'honneur. Sa nouvelle mini-série burlesque "Coin-Coin et les z'inhumains" sera projetée en première mondiale le 4 août. Elle raconte, dans un jeu extrême, l'incohérence qui habite le monde. La Suisse sera également bien représentée sur la place avec "Le vent tourne" de Bettina Oberlis, "Un nemico che ti vuole bene" de Denis Rabaglias et "L'Ospite" de Duccio Chiarini. Jean Dujardin, qui sera présent à Locarno, clôture le festival avec "I feel good".