Talents belges et relève afro-américaine ouvrent le festival Jazz Middelheim d'Anvers © BELGA

Le festival Jazz Middelheim s'est ouvert jeudi à Anvers sur les notes de plusieurs talents made in Belgium et de deux fiers représentants du jazz afro-américain, Kamasi Washington et le duo hip-hop Black Star accompagné de l'orchestre de cuivres Hypnotic Brass Ensemble, venu de Chicago.

Une affiche qui a réussi à séduire, outre ses habitués, un public plus jeune et varié. Avec près de 6.000 visiteurs, le festival affichait presque complet pour sa première journée.

Une grande tente débarrassée de ses habituelles places assises et une météo tempétueuse? Rien qui n'intimide réellement les festivaliers de cette 37e édition du Jazz Middelheim.

Si la tempête a relativement épargné l'événement, la première journée a tout de même été ponctuée de quelques averses. Les organisateurs s'étaient toutefois bien préparés: "La grande tente peut supporter des rafales de plus de 100 km/heure et nous avons débarrassé le terrain de tout objet qui aurait pu menacer de s'envoler." Un plan d'évacuation était également prêt en cas de besoin mais n'a pas dû être mis en œuvre.

Bram Weijters' Crazy Men a ainsi pu enchanter les oreilles des spectateurs en ouverture du festival. Le groupe belge a débuté par un hommage au musicien Koen De Bruyne, récemment décédé. Certains audacieux se sont risqués à quelques pas de danse, tandis que la majorité, debout ou installée dans les sièges qui parsemaient la pelouse, écoutait en silence les morceaux d'ici et d'ailleurs proposés par la formation.

TaxiWars, le projet porté par le chanteur de dEUS Tom Barman et le saxophoniste Robin Verheyen, a recueilli des applaudissements plus nourris avec son jazz urbain mêlé de paroles presque parlées. Muni de son instrument à bec, l'artiste résident Robin Verheyen naviguera entre les différentes scènes tout au long du festival, toujours en bonne compagnie.

Au rayon des musiciens bien ancrés dans cette édition, le saxophoniste gantois Mattias De Craene s'est lui aussi produit jeudi. Le plus intimiste Club Stage a ainsi accueilli son projet solo MDC III, soutenus par deux batteurs, ainsi que ses notes d'accompagnement à Dijf Sanders et son groupe Nordmann.

Kamasi Washington, le prince héritier du jazz américain, a ensuite foulé la grande scène. Il n'a joué que deux extraits de son nouvel opus 'Heaven and earth', offrant plutôt à écouter d'anciens titres et quelques morceaux de son collaborateur Miles Mosley. Comme souvent, Washington a laissé beaucoup d'espace aux solos de ses musiciens, parmi lesquels se trouvait son père Rickey.

L'improbable rencontre entre Talib Kweli et Mos Def, qui se fait actuellement appeler Yasiin Bey, a clos cette première journée. Le duo a fait swinguer un public jeune, parfois épaulé par l'Hypnotic Brass Ensemble pour reprendre des titres de son album éponyme 'Black Star', sorti en 1998.

Vendredi, les places assises feront leur retour sous la tente. Melanie de Biasio, Fred Hersch et Archie Shepp feront encore danser le parc anversois jusqu'au dimanche 12 août.