Phénomène autour de "Crazy Rich Asians", rare film au casting 100% asiatique © BELGA

Tempête sur les réseaux sociaux, déferlement médiatique: le film "Crazy Rich Asians", sorti mercredi, déchaîne les passions aux Etats-Unis et au-delà, étendard proclamé d'une communauté avec sa distribution 100% asiatique.

Le long métrage est adapté du livre du même nom, écrit par Kevin Kwan et traduit en français sous le titre "Singapour millionnaire" (2013). Il ne sortira en France que début octobre.

Après les premières projections de mercredi, les estimations ont été relevées et voient désormais le film approcher 30 millions de dollars de recettes en Amérique du Nord dès dimanche, soit son budget de production. Il s'agit du premier film d'un studio hollywoodien avec une distribution presque intégralement asiatique depuis "Le club de la chance" ("The Joy Luck Club"), une production beaucoup plus modeste, d'il y a 25 ans (1993).

Dans cette comédie romantique de facture très classique, Rachel Chu (Constance Wu), New-Yorkaise d'origine chinoise et professeure à l'université NYU, accepte de rendre visite à la famille de son petit ami Nick Young (Henry Golding), à Singapour. Elle va découvrir que Nick est l'héritier d'une famille de promoteurs immobiliers d'origine chinoise parmi les plus riches d'Asie, et se trouver confrontée à un milieu dont elle ignore tout. Le film joue à fond la carte glamour et jet-set à grands coups de faste, entre demeures gigantesques et robes de créateurs, au sein de la très haute société des Chinois de Singapour.

A Hollywood, choisir des acteurs d'origine asiatique pour jouer des personnages qui le sont aussi n'allait pas de soi. Kevin Kwan a ainsi affirmé avoir refusé une première adaptation dans laquelle Rachel aurait été blanche.
Selon une étude de l'université californienne USC Annenberg, 44 des 100 films qui ont réalisé les meilleures recettes en 2016 aux Etats-Unis n'avaient aucun personnage d'origine asiatique. Mais le "whitewashing" -- la tendance d'Hollywood à tout confier à des Blancs -- ne passe plus aussi bien aujourd'hui, comme en témoigne une série de polémiques ces dernières années.