Faut-il voir la saison 3 de House of Cards?

La saison 3 de House of Cards tient-elle ses promesses ? Le nouveau défi lancé par les scénaristes embauchés par Netflix tourne autour d’une question : comment garder le pouvoir ? Si vous n’avez pas vu la saison 2, abstenez-vous de lire ceci (attention : spoilers).

Le couple Underwood s’est installé à La Maison Blanche. Pour y arriver, ils ont usé d’infâmes stratagèmes. Mais comment y rester ? Faire face aux prochaines élections ? Sur le ring de la saison 3, plusieurs femmes impitoyables affrontent Frank Underwood : une avocate milliardaire (Elizabeth Marvel), une politicienne vicieuse (Molly Parker), une journaliste au Prix Pulitzer (Kim Dickens), sans oublier la plus dangereuse, sa propre épouse.

Blonde ou brune
Le visage dur, la beauté glaciale… En brune, elle a l’air plus intraitable encore qu’en blonde. Pourquoi ce changement de couleur radical ? Claire Underwood (Robin Wright) est devenue la femme la plus regardée des Etats-Unis : la Première Dame. Mais son appétit ne s’arrête pas là. Usant de ses relations, elle va tout entreprendre pour être élue Ambassadrice à l’ONU, au risque d’irriter son mari.

Egoïstes
Qui est le plus égoïste ? Le plus ambitieux des deux ? L'un vaut bien l'autre, sauf que l’une souffre. Claire étouffe sous les rancœurs. Quand elle se teint les cheveux, elle tente de retrouver sa « couleur d’origine », l’époque bénie des débuts avec Frank, tout en pliant  sous les dictats des électeurs… Le rapport à l’image, pour une femme puissante, est analysé sous divers angles, soulignant qu’être belle peut apporter la poisse. Ainsi le vernis lisse de l’épouse parfaite se craquèle à plusieurs reprises, les accès de colère laissent naître une faille, la rage fait éclore une nouvelle Claire, jusque dans la violence d’une terrible scène de sexe avortée. Dans le jeu de soumission, le maître n’est pas celui qu’on croit…

Le 3e homme
Quant à Doug Stamper (Michael Kelly ), il revient de loin. L’homme de l’ombre va révéler d’autres facettes de sa personnalité, plus noire que jamais : après un accident, il doit réapprendre à marcher et regagner la confiance du président. Pendant sa convalescence, Doug observe le duo Underwood dans la tempête, tandis qu’il lutte lui-même contre la tentation de replonger dans l’alcool et tente désespérément de retrouver Rachel Posner (Rachel Brosnahan). Cette figure du stratège isolé prend toute son ampleur et frôle d’ultimes limites : jusqu’où peut-on aller dans l’obsession, la haine, la fascination ? Que reste-t-il d’humanité à ce bougre abandonné ? Là où on ne l’attend pas, Doug suscite pitié ou répulsion, composant à sa guise avec famille, désir et mise à mort.

Sexe et pouvoir, domination et abandon, la troisième saison de House of Cards mérite d’être vue également pour son ancrage dans la politique internationale, avec quelques délectables  scènes où l’ennemi qualifié de voyou, le président russe Vicktor Petrov (Lars Mikkelsen, parfait) écrase les Pussy Riots venues pimenter un casting déjà brillant.

V. Nimal

Lire aussi : notre avis sur House of Cards, saison 2.
House of Cards est produite par Netflix. Démarrez Netflix sur Proximus TV via votre menu à la demande > séries ou via la chaîne 204.


House of Cards : la bande-annonce de la saison 3

Valérie

Une image ? Plume voltigeuse. Le soir, je cuisine ou j’écris. Des histoires d’assiettes, de rencontres, nouvelles ou romans, selon l’inspiration. Le jour, je rédige chroniques et dossiers thématiques sur Skynet.be, sujets gastronomiques dans des magazines féminins. Un plat ? Le risotto aux artichauts. Un plaisir ? Décortiquer les sensations, les couleurs et les saveurs. Un programme ? Capturer l’air du temps, porter un regard critique sur la société du spectacle dominée par l’image. Donner le goût du voyage et de l’inconnu à mes enfants. Rencontrer de belles personnes et peaufiner l’art de l’interview.Blog perso : http://www.madamemonsieur.be

Cet article me rend ...
  • 7
  • 36
  • 1
  • 0
  • 0

A lire également

Attention : regarder la télévision peut freiner le développement des enfants de moins de 3 ans, même lorsqu’il s’agit de programmes qui s’adressent spécifiquement à eux. Plusieurs troubles du développement ont été scientifiquement observés tels que passivité, retards de langage, agitation, troubles du sommeil, troubles de la concentration et dépendance aux écrans