Vincent Lannoo dirige Julie Gayet

Dans le premier rôle féminin de ce film franco-belge, Julie Gayet incarne une jeune veuve. Celle qui s’est fait discrète en raison de sa liaison avec le Président Hollande ne s’est pas montrée lors des interviews. Nous avons rencontré le réalisateur Vincent Lannoo.

Vincent Lannoo dirige Julie Gayet © E.Catarina/Allpix/PhotoNews/EPA

Le film : "Les âmes de papier"
Rêver que les morts reviennent, pour dire au revoir ? Ce serait le souhait de nombreuses personnes endeuillées. C’est aussi le vœu de Vincent Lannoo (photo du centre), qui nous livre un magnifique film sous forme de conte : "Les âmes de papier".
(Sortie le 29 janvier 2013 en Belgique)

Julie Gayet, l’actrice la plus épiée du moment
Dans le premier rôle féminin de ce film, Julie Gayet incarne une jeune veuve solaire. Celle qui s’est fait discrète en raison de sa liaison avec le Président Hollande ne s’est pas montrée lors des interviews à Bruxelles. Nous avons rencontré le réalisateur Vincent Lannoo. Belgacom est co-producteur de ce film franco-belge.

Rencontre avec le cinéaste
Dans ce dossier de 7 pages, le réalisateur vous parle de :

Julie Gayet
Ses personnages
Pierre Richard, son héros d’enfance
Fantastique chez Woody Allen
Stéphane Guillon
Sa vision de la vie


Interview de Vincent Lannoo par V. Nimal pour Skynet Films & TV.
Crédits photo : E.Catarina/Allpix/PhotoNews/EPA

Interview de Vincent Lannoo (1)

Interview de Vincent Lannoo (1) © Piero Oliosi/Loic Thebaud/PhotoNews

Au départ, le rôle féminin était écrit pour Laura Smet. Qu’est-ce qui vous a séduit chez Julie Gayet ?

Les producteurs avaient pensé à Laura Smet au début du projet, mais elle n’était pas libre pour le tournage. J’ai donc auditionné énormément de comédiennes pour ce rôle. Je n’avais jamais rencontré Julie Gayet.

Un jour, Julie est venue me voir. Elle était avec ses deux enfants, car elle avait eu un souci de dernière minute. J’avais réservé une table pour nous deux et on a finalement déjeuné tous ensemble. En deux minutes, elle m’a convaincu : Julie est charmante, généreuse, solaire. J’ai su que j’avais devant moi Emma. Un véritable instant de grâce.

Comme d’ailleurs avec Jonathan Zaccaï qui joue son mari, dont le retour inattendu va bouleverser sa vie et celle de leur fils. Je connais son travail depuis longtemps, mais je ne l’avais jamais rencontré. Lui aussi, dès les premières secondes, il m'a convaincu.

Interview de Vincent Lannoo (2)

Interview de Vincent Lannoo (2) © R.Vaz-Palma-Artemis-Samsa

Qu’est-ce qui vous a plu dans le scénario de François Uzan ?

J’ai une envie récurrente de parler du deuil. Dans ce cas-ci, je voulais en faire une comédie, tout en ayant  des moments émouvants. Mon expérience de vie a été minée de deuils, dès l'enfance.

Tous les personnages du scénario m’intéressaient. Le vieux voisin (Pierre Richard) se demande : que ferai-je de mes deuils plus tard ? L’homme de 50 ans (Stéphane Guillon) : que faire de mes deuils aujourd’hui ? Et l’enfant qui a perdu son père ne sait pas comment faire.

En plus, le scénario partait sur une comédie romantique, classique, et tout à coup, un mort frappe à la porte : "Bonjour, je ne sais pas qui je suis !"

Dans certaines cultures, on croit au retour possible des morts...

La compagne de Pierre Richard est d’origine brésilienne, elle trouve ce film tout a fait normal : les morts peuvent revenir !

Interview de Vincent Lannoo (3)

Interview de Vincent Lannoo (3) © R.Vaz-Palma-Artemis-Samsa

Vous oscillez entre comédie et fantastique, sans trucage, avec une lumière claire obscure, dans les tons jaunes. C’est un parti pris esthétique ?

Complètement. Le fantastique ne doit pas être obligatoirement Disney. Si le fantastique devait apparaître dans la vie, pour moi ce serait de manière réaliste. J’aime la manière dont Ingmar Bergman et Woody Allen utilisent le fantastique.

Dans "La rose pourpre du Caire"?

Oui, ou dans "Match point", la fille revient sous forme de fantôme. Elle est là et elle parle. Pas besoin d’aller chercher les artifices.

Interview de Vincent Lannoo (4)

Interview de Vincent Lannoo (4) © R.Vaz-Palma-Artemis-Samsa

Comment avez-vous choisi Stéphane Guillon ? Saviez-vous qu’il était un faux dur ?

Non. Je voulais quelqu’un de mordant, j’aimais son image insolente. On m’a proposé une liste d’acteurs et j’ai rencontré Guillon. En 5 minutes, j’ai vu un mec tendre.

Un choix étonnant ! Guillon s’est fait connaître par ses chroniques acides.

On ne connaît pas les gens en télé. On ne sait pas par exemple que l’acteur qui jouait JR (dans "Dallas") était un gentil monsieur… (rires).


(Lire aussi : l’interview de Stéphane Guillon ici.)

Interview de Vincent Lannoo (5)

Interview de Vincent Lannoo (5) © R.Vaz-Palma-Artemis-Samsa

Et avec Pierre Richard, ça s'est passé comment ?

Un producteur français a évoqué son nom, et j’ai immédiatement vu Pierre Richard dans le rôle du vieux voisin. Il a fallu insister : Pierre aimait beaucoup le scénario mais n’avait pas le temps. Je lui ai même menti pour le convaincre !

Pierre Richard et Stéphane Guillon forment un duo inattendu et savoureux.

La première fois qu’ils se sont rencontrés, ils faisaient les essayages costume. A l’instant, j’ai vu que ça collait. Ils se complètent, s’admirent, ils sont heureux d’être ensemble, ils se racontent des chosent, ils ont envie de boire le même vin. On a l’impression de voir un père et un fils.

Il y avait un monstre sacré sur votre plateau...

Le Grand Blond avec une chaussure noire est un héros de mon enfance. Pendant le tournage, durant les préparations, j’en profitais pour filer et passer un moment avec Pierre Richard dans sa loge… pour le plaisir d’être avec lui. On est devenus amis, on s’appelle tout le temps. Avec Stéphane, c’est pareil.

Interview de Vincent Lannoo (6)

Interview de Vincent Lannoo (6) © R.Vaz-Palma-Artemis-Samsa

Le réalisateur répond au "questionnaire ping pong" de V. Nimal pour Skynet Films & TV :

Etre libre ça veut dire quoi ?
C’est la question la plus compliquée qui soit (rires). Etre libre, c’est être bien dans le cadre que je m’impose.

Quel est votre mantra ?
Mes enfants avant tout !

Après quoi courez-vous ?
Mes rêves d’enfant. Il y a des films que je voulais déjà faire, enfant. Tant que je n’y arrive pas, mes rêves sont là.

Qu’est ce qui vous donne envie de continuer ce métier ?
Je n’ai pas encore tout fait : de la science-fiction par exemple. Et j’aimerais tourner un drame d’auteur. Il y a de plus en plus de choses à dire et de moins en moins qui sont dites.


Autres dossiers sur le film "Les âmes de papier" :

Interview de l'acteur Stéphane Guillon : voir ici.
Présentation du film et bande-annonce : voir ici.

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