Clémentine Célarié : portrait d’une actrice féline

Clémentine a un prénom qui claque, un vrai tempérament, une façon d’enjôler et de se poser bien à elle. Cette grande rousse à la tignasse savamment domptée nous fait penser à un Maine Coon, ce chat élégant, digne et pas du tout farouche. Célarié nous a touchés ou désopilés dans autant de films d’auteur que de grosses productions : "37°2 le matin" (1986), "Nocturne indien" (1989), "Les misérables" (1995), "Les Sœurs Soleil" (1997), "Les Braqueuses" (1994), "La vie dissolue de Gérard Floque" (1999) ou la série télé Lebovitz contre Lebovitz. Rencontre avec Clémentine Célarié.

Clémentine Célarié : portrait d'une actrice féline © Photonews

Fin mars, Clémentine Célarié était invitée au Festival de Valenciennes pour présenter, en avant-première, le dernier film dans lequel elle tient le rôle principal, "En mille morceaux". Nous l’avons interviewée à propos de ce premier film réalisé par Véronique Mériadec.

"En mille morceaux"

"En mille morceaux" © Didier Crasnault

Célarié vient de présenter "En mille morceaux" de Véronique Mériadec au Festival de Valenciennes. Accompagnée de l’acteur Serge Riaboukine, son partenaire, elle raconte : « C’est un film avec beaucoup d’émotion. Les gens sont interloqués par ce drame ». D’entrée de jeu, Clémentine précise qu’elle connaissait Serge Riaboukine et que « cela faisait longtemps qu’on voulait jouer ensemble. Il y a des acteurs qui se regardent le nombril. Avec Serge, on s’écoute mutuellement ».

« Pour se détester il faut de l’amour »
Ce film est un huis-clos entre une mère et celui qui a tué son fils. L’histoire d’une rédemption. Malgré les conditions de tournages difficiles, le duo d’acteurs semble avoir pris beaucoup de plaisir. Serge Riaboukine et Clémentine Célarié insistent, en chœur, sur le fait que le sujet de ce film est tabou : la confrontation de la victime et du bourreau n’est pas dans les habitudes, en France, alors qu’au Québec on pratique ce qu’on appelle « la justice restauratrice ». Une victime peut en effet demander à rencontrer celui qui lui a fait du tort ; c’est une démarche qui permet de restaurer des valeurs d’estime de soi, et favorise la réinsertion des criminels après l’incarcération.
De ce film puissant, Clémentine retient surtout son personnage, Nicole Parmentier. Cette mère, qui est morte avec son fils, va demander à l’assassin de s’expliquer. Sur le chemin de la résilience, « Nicole essaie d’être bonne, c’est une belle âme. Elle a la foi. Elle permet à son ennemi la rédemption ». Et de conclure : « Pardonner ce n’est pas excuser. C’est permette à quelqu’un de devenir un autre ».

Une enfance africaine

Une enfance africaine © Isopix

Meryem Célarié nait sous une bonne étoile africaine, à Dakar, le 12 octobre 1957 dans une famille descendant d’illustres figures (un avionneur et un horloger) les Breguet. Son père est journaliste en poste au Sénégal, sa mère secrétaire de production. L’enfance de celle qui ne s’appelle pas encore Clémentine se passe en Afrique, les douze premières années. De retour en Europe, Clémentine décroche son bac et suit des cours de théâtre. Après une année pour étudier l’anglais en Amérique, Clémentine collabore avec la troupe du Splendid dans leur café-théâtre à Paris. Elle s’essaie à la radio dès 1980 avec Christophe Bourseiller.Elle a trois enfants, nés de deux pères, Henri Diallo et Christophe Reichert, un réalisateur belge.

Premiers rôles et grands films

Premiers rôles et grands films © Isopix / Collection Christophel © Cargo Films

En 1983, Clémentine fait un bref passage dans « Garçon » de Claude Sautet. La jeune femme enchaine de petits rôles dans sept films, dont La vengeance du serpent à plumes de Gérard Oury et Paroles et Musiques d'Élie Chouraqui.
En 1986, le film 37°2 le matin de Jean-Jacques Beineix, inspiré du roman de Philippe Djian, réunit un couple explosif, Jean-Hugues Anglade et Béatrice Dalle. Clémentine Célarié n’a droit qu’à un second rôle, mais elle convainc dans la peau d'une épouse frustrée et sensuelle. Ce film est un immense succès. Clémentine Célarié est nommée au César de la meilleure actrice dans un second rôle.

"La vie dissolue de Gérard Floque" (1986)

"La vie dissolue de Gérard Floque" (1986) © Isopix

Le public se souviendra de Clémentine Célarié dans "La Vie dissolue de Gérard Floque", de Georges Lautner en 1986. Elle incarne une épouse infidèle, et donne la réplique à Roland Giraud (Gérard Floque), Gerard Rinaldi, Jacqueline Maillan, Marie-Anne Chazel et Michel Blanc, qu’elle connait du Splendid. S’ensuit le tournage de "Le Complexe du kangourou", un film de Pierre Jolivet dans lequel elle interprète le rôle de Claire Chaumette, l'ex petite amie du héros Loïc Mast (joué par Roland Giraud).

"Nocturne indien" et Toxic Affair (1992)

"Nocturne indien" et Toxic Affair (1992) © Isopix / collection christophel © moune jamet

Au début des années nonante, Clémentine Célarié se diversifie et tourne deux ou trois films par an, dont le fameux "Nocturne indien" réalisé par Alain Corneau, où elle partage l’affiche avec Jean-Hugues Anglade. L’histoire envoûtante d’un Français parti sur les traces d’un ami à Bombay. Pour la deuxième fois, l’actrice est nommée aux Césars pour le second rôle de "Nocturne indien".

La même année, Clémentine enchaîne le tournage d’un drame sur le sida, "Les Nuits fauves" de Cyril Collard, où elle joue un petit rôle, et un film de Philomene Esposito, "Toxic Affair", dans lequel elle fait face à Isabelle Adjani (photo). Clémentine y incarne Sophie, une amie qui tente d’aider Pénélope (Adjani) à surmonter une rupture amoureuse en s’adonnant à l’astrologie. Autres stars de ce film : Hippolyte Girardot et Michel Blanc.

"Les Braqueuses" (1993)

"Les Braqueuses" (1993) © Isopix

Les producteurs ont décelé le talent comique de Clémentine Célarié et lui proposent une série de comédies grand public : "La Vengeance d'une blonde", "Les Braqueuses" (photo), "XY" et "Les Sœurs Soleil" ; ces films assurent la notoriété de Clémentine Célarié auprès d’un public conquis par sa spontanéité. En 1995, Claude Lelouch offre à Clémentine un rôle dramatique, celui de Catherine/Fantine dans l'adaptation du roman classique "Les Misérables".

"Demain tout commence" (2016)

"Demain tout commence" (2016) © Isopix

Tout en poursuivant son chemin au cinéma, la comédienne s’adonne également au théâtre, qu’elle adore, dans bon nombre de pièces. Dans les années 2000, Clémentine Célarié tournera encore une douzaine de films dont "Reines d'un jour" de Marion Vernoux, "Le Cœur tatoué" de Myriam Mézières ou "Les Adoptés" de Mélanie Laurent. Hugo Gélin, lui offre un rôle secondaire dans "Demain tout commence", dont le héros n’est autre que le talentueux Omar Sy.

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Séries télé

Séries télé © Isopix

Sur le petit écran, Clémentine Célarié démarre dans une série policière en 2013, "R.I.S Police scientifique". Elle joue « la star » dans l’amusante capsule diffusée sur France 2, "Vestiaires", où elle est entourée d'acteurs handicapés et elle fait des apparitions en 2014 dans "Scènes de ménages" sur M6. Enfin, les fans de la série "Lebowitz contre Lebowitz" la suivent depuis 2015, dans cette série judiciaire de Frédéric Berthe. En 2018 est diffusée la deuxième saison de cette série qui assure encore une fois le succès à Miss Célarié.

Portrait de Clémentine Célarié pour Proximus TV par V. Nimal

Regardez aussi la vidéo de Clémentine Célarié au Festival de Valenciennes, qui présente le film "En mille morceaux".

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