Interview de Stéphane De Groodt pour le film Le Jeu

"Le Jeu" de Fred Cavayé sort le 17 octobre au cinéma et à l'affiche, on retrouve l'acteur belge Stéphane De Groodt. Nous l'avons rencontré pour parler de ce très bon film choral autour de l'amitié, de l'amour... et du rôle pervers que peut jouer le smartphone. Courrez-y, Le Jeu en vaut la chandelle !

Interview de Stéphane De Groodt pour le film Le Jeu © Belga Films - Isopix


Le temps d’un dîner, des couples d’amis décident de jouer à un “jeu” : chacun doit poser son téléphone portable au milieu de la table et chaque SMS, appel téléphonique, mail, message Facebook, etc. devra être partagé avec les autres. Il ne faudra pas attendre bien longtemps avant que la tension ne monte…

Le 17 octobre au cinéma

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Stéphane De Groodt dans le rôle d'un introverti

Stéphane De Groodt dans le rôle d'un introverti © Belga Films

Stéphane De Groodt est un touche-à-tout. Pilote automobile, chroniqueur télé, acteur, comédien, écrivain, il multiplie les casquettes avec brio depuis plusieurs décennies. Dans le film "Le Jeu", il incarne un chirurgien esthétique observateur et drôle embarqué bien malgré lui dans une soirée entre amis qui vire au cauchemar à la suite d'un jeu dangereux : rendre public ce que chacun des convives reçoit sur son GSM au cours de la soirée.

Stéphane De Groodt, pourquoi avoir accepté ce rôle alors qu'au départ vous auriez préféré en jouer un autre ?

Fred Cavayé m'a envoyé le scénario et j'ai trouvé cela implacable comme mécanique. Au départ, c'est vrai que j'étais tenté par le personnage de Roschdy Zem qui était plus proche de moi, plus dans la comédie. Et en fait, je me suis rendu compte en regardant le film que Fred Cavayé avait été clairvoyant en me confiant le rôle de Vincent car j'ai une tendresse particulière pour ce personnage.

Vous devez souvent entendre cette comparaison, l'univers de ce film se rapproche beaucoup de celui du film "Le Prénom" qui fut un immense succès en 2012. Vous y avez pensé à cette proximité ?

Pas du tout. Ce sont d'autres personnages. C'est une autre mécanique. C'est une autre histoire. Donc en le faisant, on ne ressentait pas cette similitude. Après, en voyant le film on peut se dire, tiens c'est dans la même famille. Et je prends cela pour un compliment parce que "Le Prénom" est une très belle réussite.

Un film choral est une expérience à part

Un film choral est une expérience à part © Belga Films

Le film choral est un genre assez rare au cinéma où les acteurs sont quasiment tous présents dans chaque scène. Est-ce un exercice particulier pour un acteur ?

Oui, parce que vous jouez tout le temps, du matin au soir pendant deux mois. On fait le tour de la table avec deux caméras, donc vous êtes toujours dans le champ et vous devez donner la réplique à votre partenaire, une fois, cinq fois, dix fois. Et puis le partenaire suivant. Donc on joue tout le temps et on voit les autres jouer tout le temps. Cela n'a effectivement rien de commun avec un film classique où on fait quelques scènes avec quelqu'un et puis quelques scènes avec quelqu'un d'autre. On est aussi spectateur de ce qu'ils font. C'est une expérience singulière que ni Fred Cavayé, ni moi-même n'avions vécue. C'est un truc unique et je suis très heureux de l'avoir vécu.

Le smartphone est au centre de la table, au centre du film, mais c'est avant tout un film sur l'amitié, l'évolution du couple, le temps qui passe. Le téléphone est un révélateur de tout cela. 

C'est pour ça que c'est un film intéressant. C'est un film qui parle de nous. Connaît-on vraiment nos amis, nos amours ? Est-il vraiment utile de tout savoir ? Il soulève plein de questions et ne propose pas de réponse toute faite. Chacun peut y trouver ses propres réponses. C'est en cela que je trouve le film redoutablement bien ficelé car il aborde tout ce qui nous touche de manière assez subtile. Quand j'assiste à des projections du film, le type de rires que j'entends est significatif de ce que les gens ressentent quand ils voient ces situations se produire devant eux.

Une scène bouleversante à voir, mais aussi à jouer

Une scène bouleversante à voir, mais aussi à jouer © Belga Films

Tout le monde doit vous en parler, vous jouez une scène marquante dans ce film qui est celle du coup de fil de votre fille. Elle fait entrer le film dans une autre dimension et cueille le spectateur qui ne s'attend pas à vivre cette émotion à cet instant. Comment prépare-t-on une scène comme celle-là ?

Effectivement, à chaque interview on m'en parle et ça me fait très plaisir. C'est à la fois simple et compliqué. Simple parce que c'est une situation que n'importe quel parent peut vivre et compliqué parce que c'est une scène d'émotion forte. Et les scènes d'émotion, c'est assez binaire. Soit ça fonctionne, soit ça ne fonctionne pas. Donc j'avais peur de passer à côté. Il y a des scènes comme ça qui sont des obstacles à franchir. Et quand après cette scène Fred m'a tapé sur l'épaule pour me dire : "Voilà, ta part du film est dans la boîte", j'étais très heureux car je n'ai pas l'habitude de ce genre de scènes. Et on me parle beaucoup, beaucoup de cette scène et ça fait un bien fou.

Est-ce le père que vous êtes qui nourrit le personnage dans ce genre de moment ?

Le personnage pourrait en tout cas inspirer le père dans quelques années quand je serai confronté à ce genre de situation. Lors de la première prise, c'était vraiment le père qui jouait et j'étais très ému. Donc on la refaite et j'ai arrêté de penser que j'étais le père de mes filles et que c'est lui qui devait faire cette réplique. Comme la scène est très bien écrite, cela m'a aidé. Mais sur le plateau on entendait une mouche voler, c'était très particulier. Et là encore, lors de projections en salle, je ressens cette émotion dans le public et on fait ce métier pour ça. C'est vraiment une récompense pour moi.

"J'ai un rapport compliqué avec mon smartphone"

"J'ai un rapport compliqué avec mon smartphone" © Belga Films

Quel est votre rapport avec votre smartphone ?

C'est compliqué, j'essaie de me faire violence pour ne pas le sortir tout le temps. Avant je prenais mon appareil partout, j'aime la photo. Mais le problème avec cet appareil c'est qu'on a tendance à prendre des photos tout le temps. Mais c'est absurde car on ne profite pas de ce qu'on a à voir et qu'avec ce genre d'engin on ne regarde jamais les photos après. J'essaie surtout de m'occuper de ma fille qui est accro à certaines applications comme Instagram. C'est vraiment devenu une addiction pour cette génération-là.

La prochaine vie de Stéphane De Groodt ? Réalisateur

La prochaine vie de Stéphane De Groodt ? Réalisateur © Belga Films

Sur quels projets travaillez-vous à présent ?

Jean-Paul Salomé est venu voir le film en avant-première et quelques jours plus tard, il me proposait le scénario de son prochain film que je vais tourner en novembre et dans lequel je serai l'amoureux d'Isabelle Huppert. Donc c'est un beau cadeau ça aussi. Je suis également en train d'adapter la pièce de théâtre "Tout ce que vous voulez", que j'ai jouée avec Bérénice Bejo, au cinéma. J'ai réalisé deux courts métrages et j'ai adoré ça. Je suis donc ravi d'avoir ce long métrage en projet. Je suis aussi en train d'écrire un livre et je reviendrai au théâtre à l'automne 2019.

Si vous avez aimé Le Prénom, vous allez adorer Le Jeu ! Portée par un casting de haut vol, cette comédie grinçante et profonde est l'une des bonnes surprises de cet automne.



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