Interview de Marta Bergman, réalisatrice de "Seule à mon mariage"

La Bruxelloise Marta Bergma a répondu à nos questions pour la sortie de son long-métrage, "Seule à mon mariage". En Roumanie, Pamela élève son bébé avec sa grand-mère dans une cabane. La jeune mère rêve d’une vie nouvelle, dans un pays riche. Elle veut rompre avec les traditions qui l'étouffent. Une histoire simple, un montage solide, des images baignées d’une lumière vibrante. Sortie au cinéma le 6 février 2019. Bientôt dans le catalogue de films de Proximus TV.

Interview de Marta Bergman, réalisatrice de "Seule à mon mariage" © Frakas Productions


Dans son premier film de fiction, la réalisatrice belge Marta Bergman, sortie de l’Insas, réussit à nous attendrir par le biais de ses personnages profondément humains. Elle offre à Alina Serban un premier rôle, celui de Pamela, une jeune femme spontanée et déterminée à s’en sortir. Et à l’acteur belge Tom Vermeir, un personnage touchant. Interview de la réalisatrice.

"Seule à mon mariage" est un film coproduit par la RTBF et Proximus. Une production Frakas Film.

L'univers cinématographique de Marta Bergman

L'univers cinématographique de Marta Bergman © Frakas Productions

- Marta Bergman, quel est votre univers artistique. Vos maîtres en cinéma ?
Mon univers serait proche du cinéma indépendant anglo-américain, de cinéastes comme Andrea Arnold, Kelly Reichardt, Jeff Nichols, mais aussi de l’iranien Ashgar Farhadi, par exemple. Mes goûts sont très éclectiques.

- Qu’est-ce qui vous a motivée à écrire l’histoire de Pamela ?
Pamela et la lignée de femmes de sa famille - dont la mère absente - , m’a été inspirée par les rencontres et les documentaires que j’ai tournés en Roumanie. Des femmes et jeunes filles qui m’ont touchée par le rôle que leur tradition leur assignait (épouses ou ados devant prendre soin des petits frères et sœurs, plutôt que d’aller à l’école…) mais aussi par leur désir de découvrir le monde, leur humour, leurs rêves.

Démonter les clichés sur les Roms

Démonter les clichés sur les Roms © Frakas Productions

- Le sujet de votre film s’inspire d’un réel grave et parfois glauque. Quels étaient les pièges à éviter ?
J’ai voulu créer une héroïne, qui en devenant femme, change le destin de sa propre fille. En ce sens, ce n’est pas un « film social », Pamela est davantage un personnage romanesque. Mais pas folklorique. Elle est certes Rom, mais elle est une femme complexe avant tout. Elle aurait pu tomber sur une salaud, comme elle le craignait (bien qu’elle en prenne le risque). Voilà un des pièges que je tenais à déjouer. Bruno est un homme qui me touche par sa fragilité, il accomplit une trajectoire intérieure. Il s’émancipe au contact de cette boule de feu qui met de la vie et du désordre chez lui.

Pays d'origine, la Roumanie

Pays d'origine, la Roumanie © Frakas Productions

- Comment vous êtes-vous intéressée aux Roms ?
Par la musique. Je suis arrivée dans le village de Clejani (près de Bucarest) pour écouter et rencontrer les musiciens tsiganes qui allaient devenir le fameux groupe « Taraf de Haïdouks). Là j’ai noué des relations affectives et amicales avec certaines familles (pas uniquement des musiciens).

-   Qu’est-ce qui vous lie à la Roumanie ?
C’est le pays de mon enfance, mais surtout, un lieu inspirant car très vivace, toujours en chantier, en vie.

Emancipation d'une femme

Emancipation d'une femme © Frakas Productions

-  Votre héroïne Pamela, veut sortir de sa condition. Peut-on dire que votre film est féministe ou militant ?
Féministe oui. Mon point de vue l’est. Pas celui de Pamela qui agit sous l’impulsion, et qui découvre sa propre force. C’est la première étape pour sortir de sa condition ou comme dirait Pamela (et les siens), changer son destin.

- Comment avez-vous travaillé avec Alina Serban, dont c’est le premier film ?
J’ai travaillé avec Alina comme avec les autres acteurs du film : dans le cadre assez précis du scénario et de sa dramaturgie, j’ai demandé aux acteurs de proposer leur propre langage, de parler avec leurs mots, de bouger selon leur sensibilité. Chacun a apporté à son rôle, à son personnage, quelque chose de très personnel et intime.

Mariages arrangés

Mariages arrangés © Frakas Productions

-  Le personnage de Bruno (joué par Tom Vermeir) est touchant. Vous auriez pu imaginer un homme qui profite de la misère d’une femme, mais vous avez choisi un être sensible. Que pensez-vous des mariages arrangés ?
Je ne porte aucun jugement sur les mariages arrangés (ou autres…), il s’agit d’une narration qui s’inscrit dans un contexte (les agences et les sites existent, c’est un business, avec une « clientèle » bien réelle); ce qui m’intéressait était de traiter le rêve, le fantasme, et la transformation des individus au contact les uns des autres. Créer une romance, où le cœur de Pamela soit déchiré entre de multiples amours.

-  Selon vous, quel est le pouvoir du cinéma ?
Je citerais (de mémoire) l’actrice Alina Serban qui joue Pamela : « que ce film provoque des rencontres, qu’il brise les stéréotypes… »

Interview de V. N. pour Proximus TV

"Seule à mon mariage", un film réalisé par Marta Bergman. Scénario de Marta Bergman, Laurent Brandenbourger. En collaboration avec Boris Lojkine, Katell Quillévéré. Produit par Jean-Yves Roubin & Cassandre Warnauts, Frakas Production. Coproduit par la RTBF et Proximus. Avec Alina Serban, Tom Vermeir, Rebeca Anghel, Marie Denarnaud, Marian Samu, Viorica Tudor, Johan Leysen, Karin Tanghe, Jonas Bloquet.

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